Espace Virtuel de Conception Architecturale et Urbaine


Marilena KOURNIATI

Marilena KOURNIATI

 CV ET PARCOURS

 

Formation

Etudes doctorales à l’E.H.E.S.S. Sujet de thèse : La dissolution des CIAM et l'émergence d’une nouvelle génération intellectuelle, le Team 10. Formes d'action et outils de savoir. Sous la dir. de Prof. Christian TOPALOV. (en cours de rédaction).

D.E.A : Territoires urbains. E.H.E.S.S., Paris (1994). La rue dans la pensée moderne. Le Corbusier (1910-1925). Sous la dir. de Bernard LEPETIT.
Mémoire ad-hoc (1994) : Etude comparative sur la formation de la rue chez  Stübben J., Der Städtebau (1890) et chez Unwin R., Town-planning in practice (1909). Sous la dir. de Prof. Michael DARIN.

C.E.A.: Architecture et économie des équipements Culturels. École d'Architecture Paris Villemin (1993).

C.E.A.: Architecture urbaine. École d'Architecture Paris Belleville (1992).

Diplôme d'Architecte-Ingénieur. Ecole Polytechnique, Aristotelio Panepistimio de Salonique, Grèce (1991). Projet de diplôme exposé à la Biennale de Venise, section Venice Prize (Quinta Mostra Internationale di Architettura. Venice Prize, Milano, Electa, 1991, p.123).


Responsabilités institutionnelles

Responsable de la collection du 19e siècle et des archives, Académie d’Architecture, Paris.

Coprésidente de la Commission d’échanges internationaux, ENSAPVS (2015-2016)

Membre de la Commission Pédagogique et de Recherche, ENSAPVS (2011-2013).

Membre de l’European Architectural History Network, EAHN.

Membre de l'International Council on Monuments and Sites, ICOMOS, Grèce.

Membre de l'Ordre des Architectes de Grèce.


Domaines de recherche

Sociohistoire de l’architecture et de ses institutions (19-20e siècle).

L’architecture, le logement et l’urbanisme dans l’après-guerre.

Discours et écrits d’architectes.

 

Enseignement

Depuis 2009 : Maître-assistante titulaire en Histoire et Cultures Architecturales, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris Val-de-Seine

Introduction à la culture architecturale du 20ème siècle (cours magistral, L1).

Analyse architecturale, approche ‘in situ’ de l'histoire (TD, L1).

Histoire de l’Architecture et la Ville, fin 19e- 20e (cours magistral, L3).

Modernités critiques. Théories et pratiques architecturales et urbaines après 1945 (cours optionnel, , M1).

Encadrement du rapport de fin d’études (TD, L3).

Encadrement des mémoires de fin d’études, M2 (8 étudiants)

Séminaire DE 4 Projeter. La fabrication du projet avec Alain Guiheux. 

 

THEMES DE RECHERCHE

 

–             Livres d’architectes et raisons d’écrire, 20e siècle

 

La question de l’architecture réside-t-elle exclusivement dans l’œuvre bâtie ? D’aucuns pourraient le penser, mais l’intérêt que les architectes ont toujours manifesté pour concevoir des livres surprend et interroge. Ainsi, l’étude des ouvrages écrits et lus par eux forme un champ de recherche tout à fait privilégié dont l’enjeu est de renouveler l’historiographie de l’architecture. C’est pourquoi « Raisons d’écrire » rassemble ici une série d’enquêtes sur sept publications cultes de la seconde moitié du XXe siècle, traitant toutes de la condition urbaine. 


Le questionnement commun de ces contributions porte sur ce qu’est un livre d’architecte : Relève-t-il d’une forme spécifique ? Qu’est-ce qui le singularise au regard de tout autre catégorie d’ouvrage ? Quelles sont les raisons d’écrire des architectes ?

 De Le Corbusier à MVRDV, les textes retenus n’ont pas simplement été considérés en tant que classiques qu’il faut déconstruire mais comme de véritables instruments d’action qui redéfinissent les relations entre théorie et pratique de l’architecture. Ils ont été analysés tout à la fois comme des objets en tant que tels mais aussi comme participant d’un espace inscrit socialement.
L’enjeu est ici de renouveler l’historiographie de l’architecture par une histoire sociale et matérielle de la culture architecturale, combinant l’étude des acteurs et des milieux intellectuels ou professionnels avec l’analyse de la matérialité des livres et de leur circulation.

 

–             Les architectes et l’organisation de la profession. De la SCA (1840-1953) à l’Académie d’Architecture.

 

Fondée sous la monarchie de Juillet, à une époque où le statut professionnel de l’architecte n’est pas règlementé, la Société Centrale des Architectes (1840-1953) devient un acteur majeur dans l’organisation de la profession. Suite à l’organisation de l’exposition « Les Trésors de l’Académie d’Architecture » et la journée d’étude « Archives » en octobre 2015, mon objectif en tant que responsable des archives de l’Académie d’Architecture est la reconstitution du fonds de la Société Centrale d’Architectes (1840-1953) qui contribuerait à retracer l’histoire de la genèse de l’institution architecturale mais aussi à mieux comprendre ce que les gens font ensemble et ce qu’ils fabriquent : des stratégies, des  connaissances, des conventions, des représentations. . Il s’agit de faire non seulement sa monographie mais l’histoire du milieu associatif et de ses rapports aux diverses institutions (l’Etat, l’Ecole des Beaux-Arts, l’administration des Bâtiments civils). Cette histoire croisée nous permettrait d’éclaircir les clivages entre Paris et la province  et entre niveaux national et régional, les hiérarchies et les tensions qui structurent le champ professionnel mais aussi de mieux comprendre les accords, les coopérations, les combats qui rassemblent et les procédures par lesquelles se construisent entre les acteurs, ce que Howard Becker appelle des « compréhensions partagées » (Howard Becker, Les Mondes de l’art, Paris, Flammarion, 1988 [1982]).

 

–             Thèse de doctorat : La dissolution des CIAM et l'émergence d'une nouvelle génération intellectuelle, le Team 10. Formes d’action et outils de savoir. EHESS, sous la dir. de Christian Topalov.

 

 

Historiographie

Alors que les politiques publiques favorisent la démolition de l’architecture de « providence » de l’après-guerre, une vague de révision historiographique réhabilite cette période honnie (J. Ockman (ed.), Architecture Culture 1943-1968. A documentary Anthology, New York, Columbia University/Rizzoli, 1993; S. W. Goldhagen, R. Legault (éd), Anxious Modernisms: Experimentation in Postwar Architectural Culture, Cambridge, The MIT Press, 2001 ; M. Risselada , D. van Den Heuvel (éd.), Team 10, In Search of A Utopia of the Present, Rotterdam, NAI Publishers, 2005 ; J.-L. Bonillo, C. Massu, D. Pinson (dir.), La Modernité critique, Marseille, Editions Imbernon, 2006).

 

Cette révision fonctionne essentiellement comme une machine à remonter le temps visant à transformer les acteurs de cette période et notamment le Team 10 en précurseurs des débats d'aujourd'hui et en le distançant des CIAM.

 

Ma thèse et les publications déjà issues de cette recherche participent à éclairer un peu plus un chapitre important de l’histoire de l’architecture du 20e siècle, celui de la dissolution des CIAM dans l’après-guerre et l’émergence de Team 10 à travers une approche socio-historique. Elle ne vise pas la réactualisation de Team 10 pour tirer a posteriori des enseignements pour le présent mais tente au contraire d’adopter un « historicisme réflexif » (C. Topalov, « Des livres et des enquêtes : pour un historicisme réflexif   in La Ville des sciences sociales, Paris, Belin, 2001, p. 307) qui révèle les écarts, voire la part d’incommensurabilité entre les représentations d’aujourd’hui et celles d’hier.

 

Problématique et méthode

La thèse croise trois axes d’analyse qui permettent d’appréhender le sujet d’étude sous des « points de vue » variés et connectés.

1e axe : Organisation et gouvernance

2e axe : Acteurs en action et outils de savoir

3e axe : Formes discursives et champs d’action

En récapitulant, cette thèse de doctorat étudie un groupe de professionnels (les CIAM et le Team 10) comme une « institution » malgré leur revendication de ne pas en constituer une, et comme le moyen d’action de ses membres dans une série de champs nationaux mais aussi dans le champ international, toujours problématique. Au fil des trajectoires individuelles et collectives naissent des projets, des éléments théoriques et doctrinaux, et des outils opérationnels qu’il s’agit d’éclairer par une approche socio-historique. A travers les allers-retours entre formes d’organisation, acteurs et outils de savoir, cette recherche montre "ce qui fait tenir" le Team 10, malgré ses divergences internes et ce qui brise les CIAM, malgré leur pouvoir autant symbolique qu’opérationnel.